Histoire d’une création.
Retables de l’église Christ-Roi de l’univers.
Huningue, Alsace.
Travail préliminaire.
Le temps de conception des retables s’est étalé sur une année. Plusieurs dizaines de dessins, trois maquettes à échelle réduite, plusieurs déplacements sur place et de nombreuses concertations ont été nécessaire avant d’aboutir au projet final et commencer la réalisation.
Réalisation des retables.
Il faudra donc une autre année entière pour la réalisation à l’atelier des trois retables, la pose sur place et leur finitions.
C’est à partir des maquettes que le travail commence à l’atelier, après l’étude du cubage, c’est à la scierie qu’il faut aller chercher les plateaux de tilleul d’une dizaine centimètres d’épaisseur. C’est ensuite l’étape de la préparation des bois, les scier, les raboter…
Puis c’est le collage et la formation de blocs reproduisant le volume général de la sculpture…
Ce travail de préparation à la taille et la sculpture, permet à la fois par le collage de différentes épaisseur de bois de lui garantir une bonne tenue dans le temps : lors des collages, on évite de mettre le cœur de l’arbre, car c’est le point central où s’effectue de forte pression et cela tend le bois à s’éclater. Cette préparation permet également de réduire les chutes et d’alléger au maximum la masse général de la pièce. C’est à ce moment que déjà on défini la forme, les mouvements, l’architecture final de la sculpture, au moment du collage, c’est avec beaucoup de soin qu’il faut faire son assemblage en fonction de la maquette…
Une fois les formes général achevées, les différentes parties du retable ici, sont assemblées provisoirement sur un mur vertical de l’atelier…
Puis c’est la longue étape de la taille, avec toujours un œil sur la maquette. Le travail commence par un dégrossi avec des outils électro-portatif : tronçonneuse , rabot électrique, ponceuse. Puis les ciseaux de sculpteur prennent le relais quand les choses se précisent…
Une fois la taille achevée selon la maquette, des premières couleurs sont appliquer pour avoir un aperçu final. C’est alors le démontage et le transport sur place…
Après le démontage et le transport de quelques dizaines pièces du puzzle des retables, le montage de l’échafaudage jusqu’à huit mètres de hauteur et l’installation d’un palan, commence la pose ici du grand retable par la fixation au mur d’une structure en bois sur lequel va être fixé les panneaux du fond du retable, puis les autres éléments…
Une fois que tout est en place, quelques rectifications sont parfois nécessaire au niveau de la sculpture, car la lumière est différente de la lumière de l’atelier, et les différents reliefs peuvent parfois s’avérer être trop prononcés ou l’inverse. Puis c’est l’étape de la peinture et des couleurs…
L’étape de la peinture est aussi une longue et délicate exécution. C’est en phases successives que les couleurs vont s’appliquer, et s’harmoniser entre elles et avec son entourage. Il n’est pas rare de reprendre des couleurs, cela ne s’obtient jamais du premier coup. Trois techniques en une seul dans cet phase de peinture : premièrement, les couleurs à la caséine (à l’eau) dans laquelle on incorpore des pigments de couleur, puis un vernis à la résine Sandaraque ( résine de thuya du Maroc, à l’alcool à 95°) dans lequel on peut incorporer aussi des pigments pour nuancer les tons. Ici intervient l’étape de la dorure, dorure à la feuille d’or jaune ou d’or blanc ou encore feuille d’argent posée avec une mixtion à l’huile. Puis en phase final, de la cire que l’on peut également teinter plus ou moins avec du bitume de Judée, pour nuancer davantage, et également pour donner un aspect soyeux à la sculpture…
Voilà, le travail est terminé…
Maintenant, tout le monde semble satisfait et heureux de tous les travaux de rénovation complète de l’église, après une année de fermeture les paroissiens retrouvent enfin leur église parée de nouveaux atours. Place donc à la célébration, aux remerciements, à la joie de vivre ensemble.
